Cérémonie du 11 novembre 2006, en présence du dernier poilu de la Légion Etrangère

Lazare Ponticelli , 108 ans, engagé dès 1914, en trichant sur son âge, afin de servir la patrie qui l'avait accueilli d'Italie à 9 ans. Il sera rappelé en 1915 par son pays, entré à son tour dans la guerre et ne reviendra en France qu'en 1919.

Vendeur de journaux , il fondera après la guerre une petite entreprise familiale qui deviendra par la suite une multinationale

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directeur DOPC & DPUP Paris

Une présence médiatique importante presque un siècle d'écart

retour sur quelques objets d'autres vétérans... d'autres guerres.....


A bientôt 109 ans, Lazare Ponticelli, un des cinq derniers "poilus" vivants, veut "porter le souvenir de (ses) camarades" morts au front, lui dont la vie s'apparente à un roman. Le dernier légionnaire survivant de la Première guerre mondiale, qui auparavant "n'aimait pas du tout les honneurs" selon sa fille, tient à tout prix, malgré une bronchite qui l'a laissé fatigué, à participer samedi aux cérémonies du 11 novembre au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où il habite. "J'espère porter le souvenir de mes camarades" morts au front, dit-il. Pour lui, le travail de mémoire s'est mis en place trop tardivement. "Ils auraient dû faire ça avant que les gens ne soient morts et ne puissent plus parler", regrette-t-il. Soucieux de témoigner - ce qu'il a fait en racontant la guerre de 1914-1918 dans les écoles -, Lazare Ponticelli est fier de raconter son parcours. Celui d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola (nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le "paradis" - la France - et qui a fondé une entreprise présente sur de gros chantiers à l'étranger. Lazare Ponticelli n'a pas 17 ans quand il s'engage en 1914 dans les rangs du 1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès (Légion étrangère). Un mois de classes et le voilà au front, "à Soissons, en deuxième ligne", puis en Argonne. "A la première attaque, sur la cote 707/708, on a été décimé immédiatement car on n'avait pas de tranchées", se souvient-il. "Les Allemands en avaient, pas nous". C'est lui qui "fait le premier pansement" à son frère Céleste, blessé. Ceux qui n'étaient pas tombés ont été "ramassés et on nous a expédiés à Verdun". C'est là, au fond des tranchées, au milieu "des rats qui se baladaient", qu'il sera rattrapé par l'Italie en 1915. "On appelait +Ponticelli Lazare, Ponticelli Lazare...+ On faisait suivre le nom dans les tranchées. On me demandait au poste de commandement". Il y apprend que, comme tous les Italiens engagés dans l'armée française, il doit partir combattre sous le drapeau transalpin après l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de la France. C'est donc comme chasseur alpin, de l'autre côté de la frontière, qu'il poursuivra la guerre, se battant contre les Autrichiens. De ce long conflit, dont il est sorti indemne excepté une blessure à la joue, il a retenu une chose: "vous tirez sur des pères de famille, c'est complètement idiot la guerre". Revenu en France, il lance en 1921 avec deux de ses frères une entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine, dont les activités vont s'étendre au montage-levage, particulièrement dans le secteur du raffinage du pétrole, puis à la tuyauterie. La société Ponticelli Frères existe toujours et compte 2.000 salariés pour un chiffre d'affaires (2005) de 300 millions d'euros. Elle intervient sur de gros chantiers, comme en Angola avec Total. L'ancien légionnaire, qui fêtera ses 109 ans le 7 décembre, suit attentivement l'évolution des marchés financiers. "On parle de la bourse pendant des heures", dit sa fille, et "depuis 2000, il ne parle qu'en euros".  S'il évoque avec fierté ses médailles, conservées dans une boîte à chaussures, Lazare Ponticelli a refusé les funérailles nationales prévues pour le dernier des 8,5 millions de poilus. "Je leur ai dit +ce serait un affront pour les gens qui sont morts+".     

© 2006 AFP